soutenance de thèse

Émilie Arnoux soutiendra le jeudi 6 décembre 2012 à 14h15 (amphi Thénard) sa thèse sur la variabilité phénotypique et génétique chez la Grive à pieds jaunes. Les soutenances de thèse sont publiques et les étudiants de la filière BOP sont invités à y assister s'ils le souhaitent.

 

 

 

Variabilités phénotypique et génétique chez la Grive à pieds jaunes,

Turdus lherminieri, à différentes échelles
 
La compréhension de l'apparition d'espèces nouvelles est depuis longtemps un problème majeur en biologie évolutive. Dans le cadre de la spéciation, une attention particulière est portée sur l'étude de la structure des populations c'est-à-dire l'agencement spatio-temporel de la diversité biologique permettant de mesurer et d'identifier la nature de la divergence. Cette divergence est dépendante de quatre forces: la dérive génétique, le flux de gène, la mutation et la sélection et a largement été étudié au sein des milieux insulaires. En effet, ces milieux ont toujours occupé une place de choix dans l'étude de la diversification du vivant car i) ils fournissent un cadre idéal pour étudier les mécanismes impliqués dans la diversification et ii) ils renferment une faune et une flore originales composées de nombreuses espèces endémiques. Ces espèces endémiques montrent une fragilité singulière de part leur faible effectif et leur aire de distribution restreinte. La Grive à Pieds Jaunes, Turdus lherminieri, est un oiseau forestier et endémique de quatre îles des Petites Antilles : Montserrat, la Guadeloupe, la Dominique et Sainte-Lucie. Quatre-sous espèces ont été décrites sur chacune des îles sur des critères de coloration du plumage mais aucune étude n'a réellement quantifié la divergence entre ces sous-espèces. De plus, cet oiseau voit ses effectifs déclinés depuis une quinzaine d'années ce qui lui vaut d'être protégé sur trois îles alors qu'il est encore chassé en Guadeloupe. Les objectifs dégagés dans cette étude sont: i) d'étudier la structure spatiale des grives et d'en inférer les causes, ii) de retracer l'évolution temporelle récente de la diversité génétique ces populations, iii) de déterminer si les parasites peuvent exercer des pressions de sélection contrastées entre ces populations. Notre étude a permis d'identifier trois clades et quatre îles très différenciées sur le plan génétique et morphologique à confronter aux quatre sous-espèces définies auparavant sur des critères de coloration du plumage. A une échelle spatiale plus fine, la Guadeloupe seule, nous avons constaté des niveaux de différentiation peu commune chez des oiseaux. Enfin, le contexte parasitaire semble lui aussi structuré spatialement et présente des éléments de congruence avec les structurations morphologiques et génétiques. A la suite de cette étude, trois unités de gestion peuvent être définies afin de préserver les populations de Grives à pieds jaunes: une première incluant Sainte-Lucie, une seconde incluant la Dominique et une troisième incluant l'ensemble Guadeloupe et Montserrat.

Mots clés : spéciation, insularité, endémisme, Grives à pieds jaunes,  conservation

Le jury est composé de :
  • Bruno Faivre, CNRS Université de Bourgogne, Directeur de thèse
  • Stéphane Garnier, CNRS Université de Bourgogne, Co-directeur de thèse
  • Cyril Eraud, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Co-directeur de thèse
  • Patrick Berrebi, CNRS ISEM Montpellier, Rapporteur
  • Pierre-André Crochet, CEFE Université de Montpellier Rapporteur
  • Jacques Blondel, CEFE Université de Montpellier, Examinateur
  • Luca Fumagalli, DEE Université de Lausanne, Examinateur
  • Emmanuel Fara, CNRS Université de Bourgogne, Examinateur
 
Émilie Arnoux [page web]