séminaire du vendredi

Communautés d’espèces: déterminismes évolutifs et contingences écologiques - Andreas Prinzing - UMR CNRS 6553 Ecobio, Université de Rennes - Vendredi 21 Décembre 2007 à 11h, Bât Gabriel, Amphi Billet


Resumé : De par leur histoire, les espèces constituent des unités déterminées à un niveau macro-évolutif. Cependant, les niches réalisées des espèces sont souvent considérées comme uniquement déterminées par rapport à un niveau écologique donné, ce qui rend l’écologie des communautés, une science fortement isolée de la biologie macro-évolutive. Des arguments allant à l’encontre d’une flexibilité écologique importante de la niche et en faveur d’une conservation phylogénétique forte seront présentés. En outre, des études récentes montrent une contrainte macro-évolutive forte sur l’assemblage des communautés locales, malgré la stochasticité des paysages écologiques. Considérant ce déterminisme évolutif des niches et des communautés, il  parait important d’explorer leurs conséquences sur la diversification fonctionnelle des communautés et sur la diversification spécifique des lignées.

Au niveau des communautés locales, on peut montrer que malgré la conservation des traits fonctionnels à l’intérieur des lignées phylogénétiques, une communauté représentant une faible diversité de lignées phylogénétiques est caractérisée par une forte diversité des traits fonctionnels, alors qu’une communauté phylogénétiquement diverse peut être restreinte dans la diversité de ses traits. Ce résultat confirme ainsi les hypothèses sur l’assemblage des communautés non-neutres, contrôlé par des interactions inter-spécifiques au sein des lignées évolutives. Au niveau des lignées évolutives, on peut également observer que les espèces ayant une niche écologique large ont un taux de diversification spécifique plus élevé que des espèces plus spécialisées.

Si l’on se projette dans l’avenir, ces résultats suggèrent que l’homme, en favorisant des espèces avec une niche écologique large, risque de modifier les patterns de diversification  y compris à des échelles macro-évolutives.

Andreas Prinzing
UMR CNRS 6553 « Ecobio », Université de Rennes 1
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http://ecobio.univ-rennes1.fr/Fiches_perso/Fiche.asp?pseudo=APrinzing